Sur les pas de Beethoven, du classicisme à l’avènement du romantisme
Ce programme met à l’honneur le génie de Ludwig van Beethoven, qui a porté le quatuor à cordes bien au-delà des canons du classicisme établis par Haydn et Mozart. Les deux œuvres réunies pour ce concert retracent l’évolution de son langage musical, de sa première période jusqu’à l’apogée de son art.
Composé en 1809, le Quatuor en mi bémol majeur, opus 74, surnommé Les Harpes en raison des pizzicati qui parcourent son premier mouvement (Allegro), s’inscrit encore dans l’héritage classique, tout en laissant déjà entrevoir l’audace créatrice de son auteur.
Écrit en 1825, le Quatuor en la mineur, opus 132 marque une étape décisive dans l’histoire du quatuor à cordes. Libéré des conventions, Beethoven y déploie une vaste architecture en cinq mouvements qui annonce les grandes œuvres du XXᵉ siècle, notamment celles de Bartók. Les intitulés mêmes des mouvements témoignent de cette liberté nouvelle. Le célèbre mouvement lent, « Chant sacré d’action de grâce d’un convalescent à la Divinité, dans le mode lydien », se prolonge par un Andante « éprouvant une nouvelle force », où le compositeur ouvre de nouvelles perspectives et annonce pleinement l’esthétique romantique.
Un voyage musical fascinant, au cœur de l’évolution d’un compositeur qui a profondément transformé l’histoire de la musique.
©photo : Jean-Baptiste Millot